{"id":11,"date":"2009-11-14T09:34:00","date_gmt":"2009-11-14T09:34:00","guid":{"rendered":"https:\/\/marcbelit.com\/?p=11"},"modified":"2019-04-03T15:38:41","modified_gmt":"2019-04-03T13:38:41","slug":"expositions-parisiennes-renoir-solaire-soulages-en-noir-majeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/2009\/11\/14\/expositions-parisiennes-renoir-solaire-soulages-en-noir-majeur\/","title":{"rendered":"Expositions parisiennes: Renoir solaire, Soulages en noir majeur!"},"content":{"rendered":"<p>Exposition Renoir. Voil\u00e0 une exposition o\u00f9 j\u2019allais sans rien en attendre de pr\u00e9cis, Renoir m\u2019avait toujours paru \u00eatre un peintre de l\u2019intimit\u00e9, des jardins, des femmes pulpeuses et rondes, une sorte de jouisseur de l\u2019intimit\u00e9 domestique.Exposition SOULAGES,l\u00e0 c&rsquo;est autre chose, le noir comme r\u00e9ponse \u00e0 la question de la lumi\u00e8re.<br \/>\n<!--more--><br \/>\n((\/public\/renoir.jpg|renoir||renoir, nov. 2009)) %%%Renoir d&rsquo;abord. Cette exposition r\u00e9v\u00e8le un grand peintre qui savait regarder la peinture et pas seulement ses sujets, un peintre modeste qui d\u00e9clarait \u00e0 cinquante ans pass\u00e9s : \u00ab  je commence \u00e0 peine \u00e0 savoir peindre! \u00bb Et pourtant, il sait peindre comme personne ses sujets de pr\u00e9dilection, les femmes surtout, les paysages, et il sait dessiner magnifiquement (bien que Gauguin ait observ\u00e9 que ne sachant pas dessiner il le faisait souverainement). Je retiendrai sa vision de la femme justement. Comme Rubens, il la peint pulpeuse et opulente, mais l\u00e0 o\u00f9 Rubens peignait des guerri\u00e8res ou des d\u00e9esses tout juste descendues de l\u2019Olympe, Renoir peint des muses de jardin, ses mod\u00e8les sont domestiques mais leurs corps c\u00e9l\u00e8brent tout autant la lumi\u00e8re et la vie. Mod\u00e8les de proximit\u00e9, femmes et filles de marchands et de collectionneurs ou de voisinage, soubrettes ou petites bonnes endimanch\u00e9es pour le bal et cette Gabrielle qui vient \u00e0 son service et dont il d\u00e9nude les bras le buste et davantage pour nous donner cette beaut\u00e9 agreste tout droit sortie des sources et des bocages. Renoir a regard\u00e9 Rubens, il a regard\u00e9 Vermeer, il a regard\u00e9 Ingres et m\u00eame Rapha\u00ebl, il a su saisir la beaut\u00e9 classique et la porter \u00e0 l\u2019essence de la f\u00e9minit\u00e9. Ses femmes en effet exaltent une f\u00e9minit\u00e9 dans une forme qui influencera Maillol mais aussi Picasso qui d\u00e9cline directement et sur un registre voisin ses baigneuses. Car dans cette peinture aussi on trouve des baigneuses, comme chez C\u00e9zanne, de ces femmes qui sont des V\u00e9nus dans la mythologie et qui sur terre sont la tentation des dieux. Ce qui frappe encore dans ses portraits de femmes c\u2019est que leurs visages sont calmes, sans rides et sans profondeur psychologique, un peu comme des statues mais c\u2019est leur corps qui parle pour elles bien plus que leur visage, bassins amples, cuisses puissantes, seins au model\u00e9 parfait, cous de reines, bras souples, mains d\u00e9licieuses, l\u2019\u0153il se repa\u00eet d\u2019une telle plastique qui en avan\u00e7ant dans l\u2019\u0153uvre emplit le tableau de plus en plus, le sature de couleurs et de formes. On se dit voil\u00e0, l\u2019apport de Renoir, il est l\u00e0 tout entier, il a donn\u00e9 \u00e0 la femme du peuple, celle de la fin du XIX\u00b0si\u00e8cle la beaut\u00e9 et la pr\u00e9sence des V\u00e9nus de la peinture mythologique. Cela n\u2019est pas rien. Ensuite les couturiers pourront bien lui \u00f4ter les corsets et la v\u00eatir de mati\u00e8res souples ils devront \u00e0 Renoir d\u2019avoir su la regarder et la c\u00e9l\u00e9brer en peinture. En ce sens il a devanc\u00e9 le XX\u00b0 si\u00e8cle et en cela existe un passage vers le premier Picasso, avant qu\u2019il ne d\u00e9forme les corps car nous serons alors entr\u00e9s dans un si\u00e8cle de la violence et de la d\u00e9formation, pas seulement cubiste mais au-del\u00e0, sociale et historique. ((\/public\/soulages.png|soulages||soulages, nov. 2009)) Exposition SOULAGES ensuite, le noir comme r\u00e9ponse \u00e0 la question de la lumi\u00e8re. \u00ab Je peins pour savoir ce que je cherche \u00bb dit le peintre quelque part et cela se voit, la partie la plus passionnante de son \u0153uvre est l\u00e0, dans la recherche incessante de quelque chose. Au d\u00e9but sa palette est timide, c\u2019est du gros dessin, du gros trait qui architecture l\u2019espace, peu \u00e0 peu cela devient g\u00e9ologique, cela se clive comme ces schistes de l\u2019Aubrac ou du massif central d\u2019o\u00f9 il vient et provient. De larges plans noirs ou bleus qui s\u2019entrem\u00ealent, s\u2019entrechoquent, avec quelque chose de tellurique, de puissant et de vertigineux car les toiles sont grandes et ces plans obliques glissent et se superposent de haut en bas de la toile entra\u00eenant l\u2019\u0153il vers le bas. Plus tard, dans les ann\u00e9es soixante, il y a la p\u00e9riode New-yorkaise, avec cette fois l\u2019influence des am\u00e9ricains, Kline, Motherwell surtout, et le go\u00fbt affirm\u00e9 pour les grandes dimensions (ce que ne  pourra jamais tout \u00e0 fait oser un excellent peintre toulousain comme Marfaing par exemple !) . Soulages est de la race des b\u00fbcherons ou des ma\u00e7ons, il est costaud et il attaque \u00e0 la hache ou \u00e0 la brosse large, voire \u00e0 la truelle, c\u2019est pareil. Ce qui est passionnant c\u2019est quand il s\u2019interroge et qu\u2019il change. Par exemple, on voit tr\u00e8s bien qu\u2019au d\u00e9but, ses noirs cherchent \u00e0 s\u2019extirper du blanc ou de la couleur parfois, voire du brou de noix, mais c\u2019est la lumi\u00e8re qui fait question, comment elle donne de la profondeur, comment elle vient sous le noir pour le pousser en avant, le faire vibrer. Soulages essaye tout, s\u2019inspire de mod\u00e8les, casse les images, fait couler l\u2019encre comme certains peintres chinois et s\u2019essaie \u00e0 \u00eatre lui-m\u00eame. Arrive tout de m\u00eame un moment o\u00f9 le noir envahit tout \u00e0 sa propre surprise, alors, il va essayer de capter la lumi\u00e8re autrement, par son reflet dans l\u2019\u00e9paisseur de la p\u00e2te. Cela nous donne des toiles somptueuses, th\u00e9\u00e2trales, mystiques m\u00eame, sans profondeur, tout en surface, comme un sillon de labour au soleil, une luisance d\u2019origine. On pense au Rothko de la chapelle d\u2019Huston en moins \u00e9teint, plus solaire si l\u2019on peut dire. Soulages appelle cela l\u2019outre noir comme on dit l\u2019outre-mer ou l\u2019outre monde. Juxtapositions, diptyques, polyptiques  se jouent de l\u2019espace et rythment le lieu d\u2019exposition o\u00f9 ils sont expos\u00e9s \u00e0 hauteur d\u2019homme. Et l\u00e0, vient une question, tout cela, toute cette derni\u00e8re p\u00e9riode est si parfaite, si domin\u00e9e, qu\u2019il pourrait en produire des tonnes, faire varier \u00e0 l\u2019infini de l\u2019espace orthogonal des toiles ses coups de truelle magiques sans que cela n\u2019ajoute rien de plus. Alors on se dit : \u00c0 quand la prochaine rupture, la prochaine remise en question ? Au fond c\u2019est peut-\u00eatre \u00e0 cela que servent les grandes r\u00e9trospectives, \u00e0 permettre aux peintres d\u2019en finir avec quelque chose pour recommencer autrement !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exposition Renoir. 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