{"id":27,"date":"2013-01-26T19:20:00","date_gmt":"2013-01-26T19:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/marcbelit.com\/?p=27"},"modified":"2019-04-03T15:38:13","modified_gmt":"2019-04-03T13:38:13","slug":"dali-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/2013\/01\/26\/dali-2013\/","title":{"rendered":"DALI 2013"},"content":{"rendered":"<p>La r\u00e9cente visite faite \u00e0 l\u2019exposition Dali au Centre Pompidou m\u2019a laiss\u00e9 une impression de malaise et d\u2019ennui. Impression de tout conna\u00eetre (ce qui est faux) de d\u00e9j\u00e0 vu (ce qui est vrai) passage de l\u2019iconique dans le r\u00e9el, la machinerie ou la machination Dali a \u00e0 ce point impr\u00e9gn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 de communication que son bric \u00e0 brac pictural s\u2019est r\u00e9pandu \u00e0 l\u2019\u00e9tat gazeux et qu\u2019on en respire des effluves sans m\u00eame s\u2019en rendre compte.<br \/>\n<!--more--><br \/>\nAu total, lorsqu\u2019on visite son exposition que constate-\u00ad?t-\u00ad?on ? D\u2019abord un talent, celui d\u2019un peintre extraordinairement dou\u00e9, comme Picasso en un sens mais qui fera lui un tout autre usage de celui-\u00ad?ci. Des peintres form\u00e9s \u00e0 l\u2019ancienne, qui ont appris le m\u00e9tier jeunes, et sont capables comme disait Picasso de peindre comme Rapha\u00ebl. Rapha\u00ebl justement dont Dali s\u2019inspire pour son autoportrait de 1921. Mais voil\u00e0, ce talent, au service de quoi ? Chez Dali, cela cr\u00e8ve les yeux et sa biographie ne d\u00e9mentira pas l\u2019impression, au service d\u2019une sexualit\u00e9 inqui\u00e8te. Le sexe et ses variations phantasmatiques est le grand sujet de ce peintre impuissant qui avait d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 au regard le registre de la jouissance. Aussi sa peinture se pr\u00e9sente d\u2019abord comme un immense r\u00e9bus o\u00f9 se cachent ses obsessions et ses pulsions de mort (les putrefactos) objets et personnages d\u00e9membr\u00e9s, pourrissants qui donnent lieu \u00e0 des d\u00e9lires de signes dessin\u00e9s ou peints qui ne sont pas sans rappeler J\u00e9r\u00f4me Bosch ou William Blake. On peut aimer, \u00e7a peut aussi lasser. Ensuite, la grande affaire ou la grande chance de Dali, c\u2019est sa rencontre avec le surr\u00e9alisme. L\u00e0, tout d\u2019un coup, il y a un corps de doctrine, un genre, une orientation, une th\u00e9orie dont le pape excommunicateur sera Andr\u00e9 Breton. Dali est fait pour \u00e7a, pour ces d\u00e9lires o\u00f9 l\u2019inconscient est lib\u00e9r\u00e9 sous la forme plasticienne ou cin\u00e9matographique (Bunuel : le chien andalou, l\u2019\u00e2ge d\u2019or) et o\u00f9 le genre lui permet de d\u00e9finir une m\u00e9thode (parano\u00efa-\u00ad?critique). Il y a l\u00e0 tout ce qu\u2019il faut \u00e0 Dali, l\u2019identification de sa folie (parano\u00efa) et son usage artistique qui le conduira non seulement \u00e0 la cr\u00e9ation de toiles et d\u2019objets, mais aussi de \u00ab happenings \u00bbo\u00f9 il se met en sc\u00e8ne et th\u00e9\u00e2tralise son d\u00e9lire. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019on trouve le grand Dali qui culmine dans les ann\u00e9es trente. Ensuite, Dali a trouv\u00e9 son genre et son registre et il va savoir en jouer. Acteur de son propre th\u00e9\u00e2tre, il fera carri\u00e8re sur la vague du fantastique, du r\u00eave, du surr\u00e9alisme, rencontrera aussi bien Freud que Lacan, exposera \u00e0 Paris comme \u00e0 New-\u00ad?York dans les grandes institutions (Moma, Galerie des Beaux-\u00ad?Arts) pendant que la guerre civile ravage l\u2019Espagne et la Guerre de 39\/45, l\u2019Europe. Il fuit aux Etats-\u00ad?Unis ce monde fracass\u00e9 et renvoie de l\u00e0-\u00ad?bas l\u2019image cauchemardesque de cette Europe qui se d\u00e9chire. C\u2019est aussi aux Etats-\u00ad?Unis qu\u2019il met au point son personnage de proph\u00e8te hallucin\u00e9 et impr\u00e9catoire sur le mode Dada. Rentr\u00e9 en Europe apr\u00e8s la guerre, il en \u00e9tonne plus d\u2019un par sa sympathie pour Franco et son int\u00e9r\u00eat pour les tableaux catholiques o\u00f9 le Christ en l\u00e9vitation devient une image r\u00e9currente. Dali, r\u00e9volutionnaire et r\u00e9actionnaire, telle est l\u2019image de ce provocateur absolu, m\u00e9langeant les genres et incluant dans sa peinture la r\u00e9f\u00e9rence au grand art en m\u00eame temps qu\u2019au kitsch absolu avec des \u00e9chapp\u00e9es dans les myst\u00e8res de l\u2019inconscient. C\u2019est ainsi qu\u2019il revisite les grandes oeuvres , les M\u00e9nines de V\u00e9lasquez comme Picasso, La denteli\u00e8re de Vermeer ou encore cet Ang\u00e9lus de Millet dans lequel il veut voir un infanticide, ce dont une radiographie ult\u00e9rieure faite au Louvre lui donnera finalement acte. Mais le grand Dali se r\u00e9cite, sa cr\u00e9ation tourne en rond, le psittacisme est la r\u00e8gle et la parodie ou le pastiche le genre. Il cr\u00e9e alors son mus\u00e9e de Figueras o\u00f9 il s\u2019enferme avec Gala dans une parano\u00efa cette fois assum\u00e9e et ritualis\u00e9e. Dali est devenu un mythe et un genre, il a aussi cess\u00e9 d\u2019int\u00e9resser. Il faudra la grande r\u00e9trospective de 1979 au Centre Pompidou pour donner \u00e0 nouveau la mesure de cet artiste singulier. Le souvenir qu\u2019elle avait laiss\u00e9 reste malgr\u00e9 tout sup\u00e9rieur \u00e0 cette pr\u00e9sentation du si\u00e8cle suivant d ans laquelle ne surnagent (\u00e0 mon avis) que bien peu de choses sinon cette constatation que l\u2019art est bien une folie assum\u00e9e et parfois ma\u00eetris\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9cente visite faite \u00e0 l\u2019exposition Dali au Centre Pompidou m\u2019a laiss\u00e9 une impression de malaise et d\u2019ennui. 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