{"id":551,"date":"2019-06-05T15:52:14","date_gmt":"2019-06-05T13:52:14","guid":{"rendered":"https:\/\/marcbelit.com\/?p=551"},"modified":"2019-06-05T15:52:14","modified_gmt":"2019-06-05T13:52:14","slug":"biennale-de-venise-iii-les-pavillons-nationaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/2019\/06\/05\/biennale-de-venise-iii-les-pavillons-nationaux\/","title":{"rendered":"BIENNALE DE VENISE III : LES PAVILLONS NATIONAUX"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" src=\"https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0863-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-552\" srcset=\"https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0863-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0863-300x168.jpg 300w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0863-768x431.jpg 768w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0863-1200x674.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><\/figure>\n\n\n<p>BIENNALE DE VENISE III&nbsp;: LES PAVILLONS NATIONAUX<\/p>\n<p>Comme on sait, la Biennale de Venise se d\u00e9ploie en deux grandes manifestations, l\u2019une o\u00f9 exposent des artistes choisis par leurs pays d\u2019origine (aux Giardini), l\u2019autre con\u00e7ue par les choix du Commissaire g\u00e9n\u00e9ral et une troisi\u00e8me \u00e9clat\u00e9e dans la ville (souvent la plus passionnante). Mais celle qui concentre les regards est bien \u00e9videmment, la Biennale officielle confi\u00e9e \u00e0 un commissaire g\u00e9n\u00e9ral. C\u2019est elle qui donne le ton et le sens \u00e0 cette manifestation. Nous mettrons donc l\u2019accent sur 3 pavillons qui nous ont paru significatifs des enjeux du moment&nbsp;: Les USA, la France et la Belgique (parmi d\u2019autres plus ou moins int\u00e9ressants).<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p>LE PAVILLON AM\u00c9RICAIN<\/p>\n<p>Impossible de parler du pavillon am\u00e9ricain si on ne met en perspective la d\u00e9marche des USA \u00e0 propos de l\u2019art contemporain en g\u00e9n\u00e9ral. Il faut bien avoir en t\u00eate qu\u2019une biennale (et celle de Venise est en cela exemplaire), n\u2018est qu\u2019un pion de plus dans une strat\u00e9gie mondiale qui vise \u00e0 p\u00e9renniser dans ce domaine, le leadership culturel am\u00e9ricain. Elle ne diff\u00e8re en rien de l\u2019industrie du cin\u00e9ma, ou de la vid\u00e9o, en ce qu\u2019elle assure le \u00ab&nbsp;<em>soft Power<\/em>&nbsp;\u00bb des valeurs et de l\u2019industrie appuy\u00e9e sur le rayonnement am\u00e9ricain pr\u00e9conisateur de valeurs et de modes de vie de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine.<\/p>\n<p>O\u00f9 en est-on aujourd\u2019hui dans ce domaine&nbsp;? Au point o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine apr\u00e8s avoir assur\u00e9 la domination du m\u00e2le blanc, h\u00e9t\u00e9rosexuel et riche (les \u00ab&nbsp;<em>Rich and Beautiful People<\/em>&nbsp;\u00bb de New-York au temps de Warhol) a senti monter une sourde hostilit\u00e9 venue des minorit\u00e9s culturelles du pays. Ceci bien qu\u2019elle ait port\u00e9 au pouvoir un exemple de ce mod\u00e8le consid\u00e9r\u00e9 culturellement comme d\u00e9pass\u00e9. Mais cette \u00ab<em>&nbsp;nation de nationalit\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb \u00e0 forte pr\u00e9valence multiculturelle se pr\u00e9occupe aujourd\u2019hui davantage de sa coh\u00e9sion interne puisque sa domination mondiale est \u00e9tablie. C\u2019est donc des crit\u00e8res ethniques et de genre qui vont l\u2019emporter au travers de \u00ab<em>&nbsp;l\u2019Affirmative action<\/em>&nbsp;\u00bb pour une meilleure insertion des forces et des talents bien r\u00e9els. C\u2019est pourquoi, le choix du repr\u00e9sentant du pays ne se fait pas au hasard. On choisira donc cette ann\u00e9e, comme lors de la derni\u00e8re biennale avec Mark Bradford (Afroam\u00e9ricain) un artiste confirm\u00e9&nbsp;: Martin Puyear (Afroam\u00e9ricain, lui-m\u00eame, n\u00e9 en 1941) qui a consacr\u00e9 sa vie d\u2019artiste aux th\u00e8mes de la d\u00e9mocratie et de la libert\u00e9.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, il ne s\u2019agit pas pour autant de laisser la sc\u00e8ne m\u00e9diatique vide et la bataille pour le Lion d\u2019Or d\u00e9signera cette fois sur la recommandation de Ralph Rugoff son commissaire g\u00e9n\u00e9ral un autre grand artiste am\u00e9ricain&nbsp;: Jimmie Durham pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre. Son profil correspond parfaitement aux attentes&nbsp;: septuag\u00e9naire lui aussi, attestant d\u2019origines Cherokee et militant du mouvements des \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>am\u00e9ricains natives&nbsp;<\/em>\u00bb, et engag\u00e9 dans les mouvements qui visent \u00e0 \u00ab&nbsp;d\u00e9construire notre rapport \u00e0 l\u2019art norm\u00e9 par des discours hi\u00e9rarchisants&nbsp;\u00bb (dixit) afin d\u2019en finir avec une domination culturelle et de \u00ab&nbsp;<em>d\u00e9coloniser<\/em>&nbsp;\u00bb l\u2019art vivant. Ce simple rappel pour montrer comment une domination de fait peut int\u00e9grer sa propre contestation interne avant d\u2019en imposer le mod\u00e8le, une fois de plus aux autres nations.<\/p>\n<p>Mais revenons \u00e0 ce qu\u2019on voit dans ce pavillon, ce sont d\u2019abord des \u0153uvres comme telles, pas une narration ni des intentions, mais un travail qui part des mains, du savoir-faire, de l\u2019artisanat illustrant l\u2019adage selon lequel, l\u2019homme est par d\u00e9finition \u00ab&nbsp;<em>a Tool making Animal&nbsp;<\/em>\u00bb (quelqu\u2019un qui fabrique des outils pour transformer le monde). C\u2019est tr\u00e8s roboratif par les temps qui courent. Particuli\u00e8rement important \u00e0 rappeler \u00e0 un moment o\u00f9 la plupart des \u00e9coles d\u2019art ont enseign\u00e9 qu\u2019on pouvait d\u00e9l\u00e9guer la r\u00e9alisation \u00e0 des artisans si on concevait seulement l\u2019id\u00e9e de l\u2019\u0153uvre. On a vu la suite. Parti pris int\u00e9ressant aussi au moment o\u00f9 l\u2019on ne jure que par vid\u00e9o, les technologies avanc\u00e9es et autres. Rendant hommage \u00e0 l\u2019artisanat traditionnel, Martin Puryar commen\u00e7a par \u00eatre \u00e9b\u00e9niste, mais il \u00e9tudia longuement aussi les techniques artisanales de diff\u00e9rents peuples (Afrique, Japon, Br\u00e9sil) ce qui donne \u00e0 son travail une dimension universelle remplie de r\u00e9f\u00e9rences culturelles, pratiques et historiques. On n\u2019avait gu\u00e8re vu d\u2019expositions de son travail en France, except\u00e9 en 1999 une magnifique sculpture de 30m de haut \u00e0 la chapelle de la Salp\u00eatri\u00e8re, c\u2019est l\u2019occasion de se forger une opinion sur un artiste largement reconnu.<\/p>\n<p>Nous avons, en effet, affaire \u00e0 un artiste \u00e0 la c\u00f4te internationale \u00e9tablie, dont le langage visuel a d\u00e9j\u00e0 atteint une forme universelle. Sa d\u00e9marche est tout ce qu\u2019il y de classique&nbsp;: d\u2019abord l\u2019id\u00e9e, ensuite la maquette, enfin la r\u00e9alisation. Cela donne des \u0153uvres soign\u00e9es en toutes sortes de mat\u00e9riaux dont le bois qui est dans ce pavillon particuli\u00e8rement bien mis en valeur. Ma\u00eetrisant la mati\u00e8re, l\u2019artiste gagne la libert\u00e9 de faire surgir les formes et on se dit que comme pour d\u2019autres (Rodin, Calder surtout qu\u2019il admire) la v\u00e9rit\u00e9 des formes nait du savoir faire des usages.<\/p>\n<p>\u00c0 notre humble avis, rien que pour cette corne d\u2019abondance install\u00e9e sur le parvis du pavillon am\u00e9ricain, il aurait du recevoir le lion d\u2019or cette ann\u00e9e en lieu et place de son compatriote Jimmie Durham plus bricoleur qu\u2019artisan, il va sans dire.<\/p>\n<p><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" src=\"https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0825-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-553\" srcset=\"https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0825-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0825-300x168.jpg 300w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0825-768x431.jpg 768w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0825-1200x674.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><\/figure>\n\n\n<p>LAURE PROUVOST AU PAVILLON FRAN\u00c7AIS<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises elles, ont choisi une jeune femme, dans une Biennale \u00e0 connotation fortement f\u00e9minine (42 femmes sur un total de 79 artistes)&nbsp;:<\/p>\n<p>La grande question \u00e9tant de savoir quel est l\u2019artiste qui va pouvoir \u00e9tonner, choquer, s\u00e9duire le monde de l\u2019art rassembl\u00e9 \u00e0 Venise&nbsp;? On voit comment les Am\u00e9ricains jouent sur leurs valeurs s\u00fbres. La France quant \u00e0 elle a tout essay\u00e9 depuis plus de vingt ans et comme \u00e0 l\u2019Eurovision pour la chanson, elle rate r\u00e9guli\u00e8rement le coche, m\u00eame si elle chante en anglais&nbsp;! Finalement c\u2019est la jeune Laure Prouvost qui a \u00e9t\u00e9 choisie. On ne s\u2019\u00e9tonnera pas trop du fait que celle-ci vivant entre Londres et Paris, titre son exposition en anglais: \u00ab&nbsp;<em>Deep See Blue Surrounding You&nbsp;<\/em>\u00bb (Vois ce bleu profond te fondre), une injonction po\u00e9tique \u00e0 d\u00e9clinaison imag\u00e9e comme il convient.<\/p>\n<p>Mais comment faire \u00ab\u00a0fondre\u00a0\u00bb ce pavillon Fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019allure classique auquel on a d\u00e9j\u00e0 tout fait&nbsp;? On peut par exemple faire entrer le public par l\u2019arri\u00e8re (au risque de la glissade sur un sentier humide du reste) d\u00e9foncer le sous-sol et faire grimper un escalier de fer au public pour se retrouver au niveau du rez-de-chauss\u00e9e. Tiens, mais pourquoi donc&nbsp;? Parce que c\u2019est un voyage initiatique \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019Alice. Alors&nbsp;! Le pavillon sera, dit l\u2019artiste,&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>liquide et tentaculaire, s\u2019articulant autour d\u2019une r\u00e9flexion sur les notions de g\u00e9n\u00e9ration et d\u2019identit\u00e9, de ce qui nous lie ou nous \u00e9loigne les uns des autres&nbsp;: de l\u2019a\u00een\u00e9 au cadet, du voisin \u00e0 l\u2019\u00e9tranger&nbsp;<\/em>\u00bb. Rien \u00e0 dire, nous sommes bien dans l\u2019esprit de la Biennale 2019.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit juste ensuite, de conduire le visiteur par l\u2019image et le langage&nbsp; dans un voyage o\u00f9 il rencontrera des d\u00e9bris de choses anciennes&nbsp;: une salade et des coquilles d\u2019\u0153ufs, un poulpe translucide et deux t\u00e9l\u00e9phones, divers branchages, une main pos\u00e9e sur un gant, un triangle blanc, tous \u00e9l\u00e9ments d\u2019un r\u00e9bus qui renvoie \u00e0 l\u2019imagination de l\u2019artiste laquelle a d\u00e9pos\u00e9 tous ces signes sur un sol en verre bleu couleur de lagon sur lequel ils semblent flotter et nous aussi il faut dire. Tout flotte, tout est instable comme un ponton de Venise, c\u2019est le monde de l\u2019Aqua Alta. Puis l\u2019on s\u2019engage dans le noir en marchant sur un sol de mousse qui, d\u00e9stabilisant nos pas, nous conduit vers un \u00e9cran qui fixe nos regards. Nous sommes au cin\u00e9ma, mais sans les si\u00e8ges ou si peu.<\/p>\n<p>Et nous voil\u00e0 partis dans un \u00ab&nbsp;<em>Roadtrip<\/em>&nbsp;\u00bb (voyage initiatique) \u00e0 travers la France de la banlieue parisienne, des tours et des immeubles, jusqu\u2019au palais du facteur Cheval et vers la mer m\u00e9diterran\u00e9e o\u00f9 se noient les migrants. Les personnages parlent en plusieurs langues&nbsp;: fran\u00e7ais, anglais, n\u00e9erlandais, arabe ou italien, ils sont d\u2019\u00e2ges et de pays diff\u00e9rents, ils sont danseurs, musiciens, magiciens ou conteurs, le montage du film est rapide et d\u00e9courage tout suivi coh\u00e9rent. On saisit des bribes de discours, on est happ\u00e9s par des images, mais curieusement le charme op\u00e8re et on peut se laisser aller d\u00e8s lors qu\u2019on a compris d\u2019o\u00f9 l\u2019on part et o\u00f9 l\u2019on veut nous emmener. Voyage d\u2019une pieuvre dans les mers de la m\u00e9moire, ce mollusque qui a cerveau et organes sensoriels dans ses tentacules nous dit l\u2019artiste. Au total, nous aussi qui t\u00e2tonnons dans le noir pour chercher la sortie en se disant que l\u2019habilet\u00e9 de ce montage ultra rapide a sauv\u00e9 cette installation des bons sentiments o\u00f9 elle \u00e9tait plong\u00e9e en devenant dr\u00f4le et m\u00eame loufoque, ce qui finit par convaincre. Pas assez cependant pour un Lion d\u2019or quelle que fut la rumeur fran\u00e7aise qui en accompagna un temps l\u2019espoir.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" src=\"https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0897-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-554\" srcset=\"https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0897-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0897-300x168.jpg 300w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0897-768x431.jpg 768w, https:\/\/marcbelit.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/IMG_0897-1200x674.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><\/figure>\n\n\n<p>LE PAVILLON BELGE&nbsp;: MONDO CANE<\/p>\n<p>L\u2019humour Belge, on commence \u00e0 conna\u00eetre, mais dans l\u2019art, il est plus rare. C\u2019est pourtant le choix fait par la Belgique de pr\u00e9senter un duo d\u2019artistes bruxellois qui a relev\u00e9 le gant. Jos de Gruyter et Harald Thys, viennent, l\u2019air de rien de remporter une mention sp\u00e9ciale prix du Jury de cette 58\u00b0 Biennale avec une exposition dr\u00f4le et accablante intitul\u00e9e&nbsp;: Mondo Cane. Pour ceux qui ne sont plus tout jeunes, cela \u00e9voque un c\u00e9l\u00e8bre film documentaire qui fit scandale \u00e0 l\u2019\u00e9poque (1962) car il se proposait de montrer les horreurs de la soci\u00e9t\u00e9 dans le monde&nbsp;: violence, pornographie, guerre, torture etc\u2026<\/p>\n<p>Ces deux artistes concepteurs de poup\u00e9es et de films ont install\u00e9 l\u00e0, tout un monde ordinaire de vieux artisans occup\u00e9s \u00e0 leurs m\u00e9tiers comme dans un mus\u00e9e des Arts et traditions populaires. Autour d\u2019eux, derri\u00e8re des barreaux on trouve un autre monde de fous, de psychotiques, de voyous, de marginaux, de philosophes, de po\u00e8tes et de dr\u00f4les de gens. Le monde d\u2019aujourd\u2019hui en somme, ramen\u00e9 au Mus\u00e9e Gr\u00e9vin de l\u2019accablement ordinaire. Ces habitants tranquilles vaquent \u00e0 leurs occupations tandis que les autres apeur\u00e9s, frapp\u00e9s de leurs tares ou de leurs handicaps les regardent avec des envies de meurtre. On se rend compte soudain que ces automates l\u00e9g\u00e8rement folkloris\u00e9es ce sont nos propres caricatures. Le rire alors se fait grin\u00e7ant et de divertissant le propos se fait nettement plus critique. Une note originale \u00e0 relever dont on se demande finalement s\u2019il faut la ranger au rang de la blague ou de l\u2019art.<\/p>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BIENNALE DE VENISE III&nbsp;: LES PAVILLONS NATIONAUX Comme on sait, la Biennale de Venise se d\u00e9ploie en deux grandes manifestations, l\u2019une o\u00f9 exposent des artistes choisis par leurs pays d\u2019origine (aux Giardini), l\u2019autre con\u00e7ue par les choix du Commissaire g\u00e9n\u00e9ral et une troisi\u00e8me \u00e9clat\u00e9e dans la ville (souvent la plus passionnante). 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