{"id":78,"date":"2017-07-07T16:51:00","date_gmt":"2017-07-07T16:51:00","guid":{"rendered":"https:\/\/marcbelit.com\/?p=78"},"modified":"2019-04-04T09:35:46","modified_gmt":"2019-04-04T07:35:46","slug":"tele-carmen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/2017\/07\/07\/tele-carmen\/","title":{"rendered":"T\u00c9L\u00c9 CARMEN"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019\u0153uvre lyrique la plus c\u00e9l\u00e8bre du patrimoine fran\u00e7ais, la r\u00e9ussite de Bizet qu\u2019un temps, Nietzsche f\u00e2ch\u00e9 contre Wagner opposait au grand ma\u00eetre de Bayreuth comme un hymne \u00e0 la vie qui s\u2019opposait aux passions sombres de la germanit\u00e9 \u00e9tait au programme du festival d\u2019Aix en Provence. Malheureusement, je ne pouvais pas \u00eatre \u00e0 ce rendez-vous de la ville chaude aux fontaines moussues et aux beaux immeubles de pierre blonde, aux placettes travers\u00e9es le soir apr\u00e8s le concert qui semblent tout droit sorties d\u2019un film italien des ann\u00e9es cinquante, pas davantage \u00e0 l\u2019Archev\u00each\u00e9 o\u00f9 les voix des chanteurs font taire celle des martinets qui rasent la nuit en grandes glissades silencieuses. Un b\u00e9mol cependant, Carmen \u00e9tait donn\u00e9e au Grand th\u00e9\u00e2tre de Provence, salle moderne mais ferm\u00e9e au ciel et vou\u00e9e aux projecteurs. Le Russe Tcherniakov assurait la mise en sc\u00e8ne dont on disait d\u00e9j\u00e0 grand bien. Frustration.<br \/>\n<!--more--><br \/>\nHeureusement la cha\u00eene Arte diffusait l\u2019op\u00e9ra le jour m\u00eame ou le lendemain et il \u00e9tait possible de suivre cette trag\u00e9die non \u00ab en live \u00bb comme on dit, mais en images et son diff\u00e9r\u00e9s. Ce regret avou\u00e9, admettons quand m\u00eame que l\u2019op\u00e9ra \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou au cin\u00e9ma ce n\u2019est pas si mal pour peu que la prise de son et d\u2019images soient bonnes et fid\u00e8les \u00e0 l\u2019esprit de la mise en sc\u00e8ne. L\u00e0, c\u2019\u00e9tait le cas et l\u2019occasion pour nous de suivre cette revivifiante lecture d\u2019une \u0153uvre archi-connue. Et justement, l\u00e0 \u00e9tait la question : comment renouveler un genre inscrit dans une tradition s\u00e9culaire d\u2019espagnolade et de castagnettes, de sombreros et de mantilles, une \u0153uvre dont chacun peut fredonner les airs les plus c\u00e9l\u00e8bres ? C\u2019est l\u00e0 que Tchernialov propose quelque chose  d\u2019\u00e9patant. Il imagine qu\u2019un couple en mal de sensations conduit par l\u2019\u00e9pouse insatisfaite am\u00e8ne le mari dans une sorte de clinique o\u00f9 se pratique la psychoth\u00e9rapie afin de r\u00e9activer ses registres \u00e9motionnels. Voil\u00e0 le pr\u00e9texte dans lequel s\u2019inscrit cette Carmen jou\u00e9e en costumes d\u2019aujourd\u2019hui hors tout folklore. Au d\u00e9but, on tique un peu et l\u2019on s\u2019attend \u00e0 ces sempiternelles \u00ab id\u00e9es \u00bb de metteurs en sc\u00e8ne avides de nouveaut\u00e9 qui fatiguent par pr\u00e9tention et snobisme. Mais l\u00e0, c\u2019est tout le contraire, le parti pris se r\u00e9v\u00e8le convaincant. D\u00e9barrass\u00e9e des id\u00e9es toutes faites, la passion amoureuse appara\u00eet \u00e0 nu. Le d\u00e9centrement du pivot dramatique sur le personnage de Don Jos\u00e9, un peu falot, un peu ballot en renouvelle l\u2019approche dramatique, le texte nous semble entendu pour la premi\u00e8re fois et le metteur en sc\u00e8ne agite ses personnages comme dans un drame contemporain allant jusqu\u2019\u00e0 faire rejouer la sc\u00e8ne finale comme au d\u00e9but de l\u2019op\u00e9ra avec des personnages d\u00e9doubl\u00e9s qui poussent Don Jos\u00e9 \u00e0 la folie et au meurtre. Nous pourrions dire comme au sortir d\u2019une belle repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale : g\u00e9nial ! Mais il y a plus, c\u2019est que nous sommes \u00e0 l\u2019op\u00e9ra o\u00f9 quel que soit le g\u00e9nie du dramaturge et le talent des acteurs, tout cela ne serait rien s\u2019il n\u2019y avait les voix surtout lorsque ces chanteurs sont aussi d\u2019excellents acteurs comme l\u2019exceptionnelle St\u00e9phanie d\u2019Oustrac (Carmen), Elsa Dreisig (Mica\u00ebla) ou Michael Fabiano (Don Jos\u00e9) parfait dans son allure de cow-boy italo-Am\u00e9ricain qui ne comprend rien \u00e0 rien et succombe \u00e0 des sentiments qu\u2019il ne pensait plus pouvoir \u00e9prouver. Des soir\u00e9es comme celle-l\u00e0 vous r\u00e9concilient avec la t\u00e9l\u00e9vision !( bon \u00e0 savoir, cette Carmen est visible sur Arte en \u00ab replay \u00bb pendant un mois !)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u0153uvre lyrique la plus c\u00e9l\u00e8bre du patrimoine fran\u00e7ais, la r\u00e9ussite de Bizet qu\u2019un temps, Nietzsche f\u00e2ch\u00e9 contre Wagner opposait au grand ma\u00eetre de Bayreuth comme un hymne \u00e0 la vie qui s\u2019opposait aux passions sombres de la germanit\u00e9 \u00e9tait au programme du festival d\u2019Aix en Provence. 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