{"id":81,"date":"2017-09-10T10:37:00","date_gmt":"2017-09-10T10:37:00","guid":{"rendered":"https:\/\/marcbelit.com\/?p=81"},"modified":"2019-04-04T09:35:46","modified_gmt":"2019-04-04T07:35:46","slug":"impressions-ditalie-au-parvis-de-pau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/2017\/09\/10\/impressions-ditalie-au-parvis-de-pau\/","title":{"rendered":"IMPRESSIONS D\u2019ITALIE AU PARVIS DE PAU"},"content":{"rendered":"<p>Devant la photo nous recevons une impression comme le photographe devant un sujet, mais qu\u2019est-ce au juste qu\u2019une impression. \u00c0 premi\u00e8re vue, l\u2019impression d\u00e9signe le r\u00e9sultat du tirage d\u2019un clich\u00e9 photographique qui s\u2019imprime sur papier. Au second degr\u00e9, c\u2019est une image associ\u00e9e \u00e0 un mot, une id\u00e9e, une repr\u00e9sentation mentale li\u00e9e \u00e0 la perception d\u2019un objet auquel cette id\u00e9e ou ce mot renvoient.[((\/public\/FILLE_VESPA.jpeg|FILLE_VESPA.jpeg|C|FILLE_VESPA.jpeg, sept. 2017))|\/public\/FILLE_VESPA.jpeg||FILLE_VESPA.jpeg]<br \/>\n<!--more--><br \/>\nCe mot ; ce s\u00e9same, c\u2019est \u00ab Italia \u00bb. Un mot qui pour toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019apr\u00e8s-guerre signifie quelque chose. Cela renvoie d\u2019abord au cin\u00e9ma, celui du n\u00e9o-r\u00e9alisme comme celui de l\u2019avant-garde, des Fellini, Antonioni, Visconti, Pasolini, ces cin\u00e9astes qui vus de l\u2019ext\u00e9rieur et malgr\u00e9 leurs diff\u00e9rences stylistiques sont encore pour nous, ceux de la \u00ab Dolce Vita \u00bb, des corps lib\u00e9r\u00e9s, des femmes \u00e0 la fois fatales et famili\u00e8res, des jeunes filles \u00e0 vespa et des machos en Alpha Romeo rouge, une Italie de cin\u00e9ma en quoi se pr\u00e9cipite l\u2019image qui se l\u00e8ve en nous au mot \u00ab Italia \u00bb. C\u2019est dire que Claude Nori, Italien de Toulouse, c\u2019est-\u00e0-dire, fran\u00e7ais de sensibilit\u00e9 italienne pour qui l\u2019Italie est \u00e0 la fois une m\u00e9moire et une esp\u00e9rance, n\u2019\u00e9chappe pas plus que d\u2019autres de sa g\u00e9n\u00e9ration aux images et aux clich\u00e9s qui savent si bien rendre visible ce \u00ab mythe \u00bb et cette r\u00e9alit\u00e9 entrem\u00eal\u00e9s. Est-ce \u00e0 dire que ce qu\u2019il photographie ne soit pas la r\u00e9alit\u00e9 ? En aucune fa\u00e7on, mais sa photo est une approche du r\u00e9el qui privil\u00e9gie la sensation et l\u2019\u00e9motion sur le constat. Ce qu\u2019elle d\u00e9livre, c\u2019est quelque chose du d\u00e9sir, de la m\u00e9moire et de l\u2019histoire. Elle raconte plus qu\u2019elle ne constate. Et pourtant, il s\u2019agit d\u2019instantan\u00e9s pris sur le motif. Oui, mais voil\u00e0, lorsque Claude Nori participe en 1984 \u00e0 cette premi\u00e8re campagne de photographie subjective sur le territoire italien, il est le seul photographe \u00ab fran\u00e7ais \u00bbde la bande. Et c\u2019est pourquoi ce \u00ab Viaggio in Italia \u00bb est si singulier, si personnel, si sensible. Ce qu\u2019il nous livre, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019on s\u2019attend \u00ab culturellement \u00bb \u00e0 voir, il donne une forme perceptive \u00e0 notre sentiment. Regardons cette jeune sicilienne \u00e0 Vespa, cette autre adoss\u00e9e \u00e0 une Alpha fumant distraitement une cigarette am\u00e9ricaine et cela donne une image assez nette de la libert\u00e9 nouvelle des femmes dans l\u2019Italie d\u00e9corset\u00e9e de son catholicisme de mantilles et de processions o\u00f9 le n\u00e9or\u00e9alisme les avait enferm\u00e9es. Des femmes, oui, mais surtout des jeunes filles, ces petites femmes en devenir qui justement miment autant qu\u2019elles expriment la f\u00e9minit\u00e9 et la libert\u00e9, non en tant qu\u2019elles l\u2019incarnent mais en ce qu\u2019elles en expriment le d\u00e9sir. Sur ce registre, Claude Nori est inimitable car ce qu\u2019il saisit, c\u2019est la beaut\u00e9 de la jeunesse, sa promesse et sa fragilit\u00e9. Audace des postures et des regards, effronterie des gestes ou libert\u00e9 des enlacements amoureux, tout est l\u00e0. Il y manquerait toutefois quelque chose s\u2019il n\u2019y avait la plage. La plage, le grand r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019h\u00e9donisme de l\u2019\u00e9poque : \u00ab Spiagge Italiani \u00bb, le cin\u00e9ma de la vie comme au cin\u00e9ma. C\u2019est tr\u00e8s difficile de r\u00e9ussir ce genre de chose sans tomber dans le genre cin\u00e9matographique avec de l\u2019image photographie. C\u2019est ce que r\u00e9ussit Claude Nori et ce d\u2019autant plus que le cin\u00e9ma italien \u00e0 cette \u00e9poque est en crise, la t\u00e9l\u00e9vision est en train de le d\u00e9truite, Fellini a le plus grand mal \u00e0 tourner des films comme \u00ab Ginger et Fred \u00bb ou encore \u00ab Intervista \u00bb, la p\u00e9riode suivante sera celle de Sergio Leone d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de Nanni Moretti de l\u2019autre. La \u00ab Dolce Vita \u00bb ne sera plus que ce souvenir terrible de Mastroiani vieilli et d\u2019Anita Ekberg devenue monumentale rejouant la sc\u00e8ne inoubliable de la fontaine Tr\u00e9vi en s\u00e9pia et en regrets. C\u2019est dire alors que ce que Claude Nori capte de cette p\u00e9riode, c\u2019est de la m\u00e9moire tout autant que du r\u00e9el, c\u2019est comme une fin d\u2019\u00e9t\u00e9 : le soleil est encore chaud sur la plage mais on pressent d\u00e9j\u00e0 l\u2019automne, c\u2019est un \u00e9t\u00e9 un peu nostalgique, m\u00e9lancolique et n\u00e9anmoins encore joyeux et c\u2019est l\u00e0 toute le s\u00e9duction de cet \u00ab \u00c9t\u00e9 Italien \u00bb. EXPOSITION DU 10 SEPTEMBRE AU 28 OCTOBRE Parvisespaceculturel \u00e0 Pau<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Devant la photo nous recevons une impression comme le photographe devant un sujet, mais qu\u2019est-ce au juste qu\u2019une impression. \u00c0 premi\u00e8re vue, l\u2019impression d\u00e9signe le r\u00e9sultat du tirage d\u2019un clich\u00e9 photographique qui s\u2019imprime sur papier. 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