{"id":89,"date":"2018-04-21T19:21:00","date_gmt":"2018-04-21T19:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/marcbelit.com\/?p=89"},"modified":"2019-04-04T09:35:23","modified_gmt":"2019-04-04T07:35:23","slug":"un-homme-une-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/2018\/04\/21\/un-homme-une-femme\/","title":{"rendered":"UN HOMME, UNE FEMME"},"content":{"rendered":"<p>Un homme, Une femme \u00bb, nous avons tous en m\u00e9moire, (enfin, ceux qui se souviennent que ce film avait obtenu la palme d\u2019or au festival de Cannes en 1966) le film du jeune Claude Lelouch qui racontait une histoire d\u2019amour et de cin\u00e9ma, et avec quel brio : \u00ab Un homme, Une femme \u00bb : Jean-louis Trintignant, Anouk Aim\u00e9e, et une voiture de course, la mythique Ford Mustang d\u00e9capotable d\u2019un pilote de rallye qui traversait la France pour retrouver la femme \u00ab aim\u00e9e \u00bb. C\u2019\u00e9tait le temps o\u00f9 l\u2019amour c\u2019\u00e9tait cela, simplement cela. Le film racontait les choses de la vie comme obstacle surmont\u00e9 et les retrouvailles d\u2019un homme et d\u2019une femme qui s\u2019aimaient. Nous, on aimait le cin\u00e9ma pour des histoires aussi simples que \u00e7a. [((\/public\/.cannes-2018-affiche-2-b8becc-0_1x_m.jpg|cannes-2018-affiche-2-b8becc-0_1x.jpeg|C|cannes-2018-affiche-2-b8becc-0_1x.jpeg, avr. 2018))|\/public\/cannes-2018-affiche-2-b8becc-0_1x.jpeg||cannes-2018-affiche-2-b8becc-0_1x.jpeg]<br \/>\n<!--more--><br \/>\nDepuis, de l\u2019eau a coul\u00e9 sous les ponts, la romance a vir\u00e9 au noir, et les choses au vinaigre. Le r\u00e9cent \u00e9pisode de l\u2019affaire Weinstein \u00e0 Hollywood a d\u00e9chir\u00e9 le rideau cramoisi derri\u00e8re lequel se tenait la cuisine intime du pouvoir, du succ\u00e8s et de l\u2019ambition. \u00ab Un homme, Une femme \u00bb est devenu sinon un oxymore grammatical, du moins une figure qui ne va plus de soi, surtout au cin\u00e9ma. Nul n\u2019imaginait qu\u2019on choisirait donc ce th\u00e8me pour illustrer en ce moment un festival de cin\u00e9ma. C\u2019est pourtant ce que les dirigeants du festival de Cannes ont os\u00e9 en choisissant pour leur affiche celle d\u2019un baiser br\u00fblant entre Jean-Paul Belmondo et Anna Karina donn\u00e9 depuis deux voitures d\u00e9capotables: la fameuse Alpha Romeo Giulietta bleue et l&rsquo;Autobianchi primula rouge, si caract\u00e9ristiques du \u00ab Pierrot le fou \u00bb de J-L Godard qui date lui-m\u00eame de 1965. Un homme, une femme et les belles voitures de ces ann\u00e9es-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait toujours la recette du cin\u00e9ma. Mais que signifie un tel choix cette ann\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment ? Provocation ou suggestion ? Provocation sans doute \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on veut interdire aux constructeurs automobiles de faire poser des mannequins f\u00e9minins devant leurs belles cylindr\u00e9es et m\u00eame \u00e0 en publier des photos publicitaires. C\u2019est que la bataille pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 est engag\u00e9e et toute allusion \u00e0 la femme objet ou \u00e0 la femme glamour d\u2019antan, voire \u00e0 la star de cin\u00e9ma sent le roussi. Pourtant longtemps la recette du succ\u00e8s au cin\u00e9ma d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par Hollywood \u00e9tait bien celle-ci : \u00ab A Girl and a Gun \u00bb ; Godard ne l\u2019ignorait pas lorsqu\u2019il en rejouait les codes et le sens, mais il est vrai aussi que dans cette image, l\u2019homme et la femme paraissent \u00e0 \u00e9galit\u00e9. Pourtant, l\u2019air de rien, l\u2019affiche de 2018 ne renvoie pas \u00e0 une situation \u00e0 la fa\u00e7on de Claude Lelouch, les acteurs ne sont pas deux dans la m\u00eame voiture (ces  photos existent), et les voitures ne vont pas dans le m\u00eame sens. Comme elles sont orient\u00e9es en sens oppos\u00e9, ce baiser br\u00fblant a tout l\u2019air d\u2019un baiser d\u2019adieu et Belmondo n\u2019aura plus qu\u2019\u00e0 faire sauter sa t\u00eate barbouill\u00e9e de bleu avec un collier de dynamite. Fin de la romance ! Que veut donc nous dire cette affiche ? Un homme, une femme, une voiture ! L\u2019histoire continue mais autrement et de fa\u00e7on diff\u00e9rente. C\u2019est peut-\u00eatre ce que les dirigeants du festival ont voulu indiquer. On n\u2019ira plus l\u2019un vers l\u2019autre aussi simplement que dans le grand cin\u00e9ma Hollywoodien avec Happy End, mais on ira peut-\u00eatre en sens oppos\u00e9. En attendant, cette image d\u2019une \u00e9treinte et d\u2019un dernier baiser indique que c\u2019est toujours l\u2019amour qui a le dernier mot. En somme, qu\u2019un festival de cin\u00e9ma fran\u00e7ais envoie ce message est plut\u00f4t rassurant. \u00ab Un homme, une femme \u00bb, c\u2019est comme au cin\u00e9ma, il faut croire que ce ne sera jamais fini.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un homme, Une femme \u00bb, nous avons tous en m\u00e9moire, (enfin, ceux qui se souviennent que ce film avait obtenu la palme d\u2019or au festival de Cannes en 1966) le film du jeune Claude Lelouch qui racontait une histoire d\u2019amour et de cin\u00e9ma, et avec quel brio : \u00ab Un homme, Une femme \u00bb : &hellip; <a href=\"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/2018\/04\/21\/un-homme-une-femme\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;UN HOMME, UNE FEMME&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-89","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-autres-propos-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/89","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=89"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/89\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":244,"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/89\/revisions\/244"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=89"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=89"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/marcbelit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=89"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}