LE LOUVRE AU PAYS DES TERRILS

On raconte qu’aux premiers temps des Maisons de la culture, André Malraux alors ministre avait décidé que les chefs-d’œuvre du Louvre devaient être rendus au peuple et donc, pour certains d’entre eux, exposés dans les toutes nouvelles Maisons de la culture qui étaient, je crois, Bourges ou Amiens. Il se heurta alors à la résistance des conservateurs qui firent tout pour s’y opposer, mais il imposa sa volonté et dans l’une de ces maisons, il y eut une exposition des chefs-d’oeuvre du Louvre. Le Louvre y dépêcha un ou deux de ses conservateurs qui couchèrent sur place et gardèrent eux-mêmes leurs chefs-d’œuvre pendant toute la durée de l’exposition. La leçon porta et l’initiative n’eût plus de suite.
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CRÉDITS ET DISCRÉDIT

Notre attention avait été attirée, il y a quelques semaines par un article du Syndéac (le syndicat des entreprise de spectacle) inquiet des baisses de crédits de la culture. A y regarder de plus près, on pouvait s’aviser que le Syndéac n’y était plus associé à la CGT comme cela avait été le cas ces dernières années où il publiait des tribunes martiales contre le gouvernement de l’époque, mais cette fois, il était associé à une poignée de syndicats professionnels qu’on n’entend que rarement.
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MAUVAIS TEMPS POUR LA CULTURE

Jusqu’à, il y a peu, la culture en France faisait consensus. On était plutôt fiers de vivre dans un pays qui avait fait de la culture une obligation publique. L’État, bien entendu n’y était pas pour rien, qui, en créant en 1959 un Ministère de la culture avait en quelque sorte, donné le cadre dans lequel les politiques publiques inscriraient peu à peu cette nouvelle priorité : « rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité et d’abord de la France, au plus grand nombre de Français, assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et favoriser la création des œuvres de l’art et de l’esprit qui l’enrichissent », tel était le sens du décret toujours en vigueur.
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SANCTUARISATION!

Dans la décennie précédente, le président Chirac, d’abord, puis son successeur ensuite, pressés par le monde de la culture prompt à stigmatiser le désintérêt réel ou supposé des politiques, spécialement de droite, à l’égard de la culture, avait d’un mot, apaisé ces craintes en parlant de « sanctuarisation » du budget de la culture. Certes, malgré cette assurance le budget donnait régulièrement lieu à des controverses sur l’affectation, la répartition, l’usage des moyens qui n’évoluaient pas à la vitesse des besoins, mais l’essentiel était semble-t-il préservé, de sorte que l’on avait pris l’habitude, dans ce milieu, de se battre pour des « mesures nouvelles » susceptibles d’apporter un peu d’argent frais à la culture.
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